Au-delà des difficultés souvent associées à l’Est de la RDC, une autre réalité existe : celle d’une région qui produit, transforme encore peu et exporte une partie importante de ses richesses. Le cacao en est l’un des exemples les plus éloquents.
État des lieux
Dans des territoires comme Lubero, des agriculteurs continuent de produire du cacao et tentent de répondre aux exigences du marché. Selon l’ingénieur Justin Kambale Balik, acteur communautaire dans la filière cacao à Lubero, la petite saison passée a même enregistré une hausse de la production.
« La filière se porte tant bien que mal. Cela est dû à une petite modification de la quantité de cacao sur le marché. Nous avons constaté, durant la petite saison passée, une augmentation de la quantité produite par les agriculteurs, ce qui est déjà une bonne chose pour le marché et pour la filière », explique-t-il à KivuDeal Mag.
Autre avancée relevée : le respect des normes liées à la production du cacao par les agriculteurs.
Le Kivu produit, mais transforme encore peu
Selon Justin Kambale Balik, environ 5 % du cacao produit serait destiné à la consommation locale. Des initiatives, notamment à travers Virunga Coffee, permettent toutefois de transformer une partie de cette production en chocolat et en poudre.
Les 95 % restants seraient principalement acheminés vers les marchés internationaux, notamment Londres et les États-Unis. Cette réalité pose une question centrale : comment faire en sorte qu’une plus grande partie de la valeur créée par le cacao reste dans la région ?
Pour les producteurs, un autre obstacle persiste : l’instabilité des prix.
« Le prix bascule et le plus souvent à la baisse », affirme Justin Kambale Balik.
Dans un contexte où les jeunes cherchent des opportunités économiques, notamment à Lubero, cette instabilité complique davantage la capacité du secteur à devenir une source durable de revenus.
Quelles solutions ?
Pour faire du cacao un véritable moteur économique de l’Est de la RDC, Justin Kambale Balik plaide pour une meilleure stabilité des prix.
Il propose notamment un dialogue entre exportateurs et acheteurs afin de mettre en place des mécanismes permettant une plus grande stabilité et une meilleure prévisibilité des prix.
Au-delà du cacao, l’enjeu est donc plus large : le Kivu peut-il davantage transformer ses richesses avant de les exporter ?
C’est l’une des questions qui se posent à une région qui ne veut pas seulement être connue pour ses crises, mais aussi pour ce qu’elle produit, entreprend et construit.
Ces propositions, formulées exclusivement à KivuDeal Mag, ont été recueillies en marge de la Journée mondiale du cacao, célébrée le 1er octobre.